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Préhistoire et antiquité
Les plus anciens témoignages de la présence de l’homme en Balagne  date d’environ 6000av J.C. Les fouilles archéologiques, conduites le long du cordon littoral et dans l’arrière-pays, montrent que la baie de Calvi fut occupée dès l’époque
néolithique (5 000 à 2 500 ans avant J.-C.). Les vestiges découverts indiquent les principales localisations : la plage de l’Alga, Raccu, la presqu’île de la Revellata pour le bord de mer, et plus en retrait, le plateau de la Serra et la Grotta Agnellu, les deux sites les plus importants de la préhistoire de la ville.
Si les Phéniciens, les Grecs, les Etrusques ont croisé en Balagne et dans le golfe de Calvi, leur influence ne semble pas avoir été grande sur les Corsi retranchés à l'intérieur des terres. La Corse est conquise par Rome à partir de 260 av JC et pacifiée progressivement. Avec l’
Empire romain, la paix favorise les échanges entre les cités maritimes. Abri pour les flottes marchandes, Calvi devient aussi une base stratégique. La cité compte alors quatorze centuries, divisions militaires et politiques de cent hommes, commandées par des vétérans. L’urbanisation de la ville s’adapte au développement, nécessitant la nomination d’un praeses, autrement dit un préfet, pour son administration. Dès lors, rien de surprenant qu’au IIe siècle de l'ère chrétienne, le géographe alexandrin Ptolémée (90-168) désigne Calvi comme « le port le plus célèbre de l’île ».
Mais la présence romaine en Balagne est également attestée à l’île Rousse, Algajola, Speloncato et Calenzana.

Moyen Age
Malheureusement avec la chute de l'Empire romain commence une longue période où l'insécurité domine. A partir du Vème siècle toutes les petites villes et bourgades romaines du littoral sont détruites, les populations regagnent les hauteurs et vivent de plus en plus en autarcie à l'écart de la mer.
Aux incursions barbares du haut Moyen Age, succéderont les rivalités des puissances continentales (Pise, Gênes, Office de Saint-Georges, Aragon,…) qui se disputent la maîtrise des mers , et surtout les mises à sac et les razzias des Barbaresques  dont la fameuse razzia d’Algajola.

La période pisane (XIème- Xllléme siècle) apparaît comme un havre de paix dans cette période troublée qui correspond au plus grand essor de l'art roman. Les seigneurs pisans firent édifier châteaux (ruines de Corbara) et favorisèrent l’implantation des Bénédictins au XIIe siècle. A la fin du XIIe siècle la Balagne est la première région viticole de Corse avec Bastia et le cap Corse. Une population aisée permit l’édification d’églises  dans chaque village de Balagne, à tel point que l'on a parlé de « sainte Balagne».

La république de Gênes, victorieuse, s’implanta au XIIIe siècle et développa une politique tout à fait différente visant à la défense de sa flotte à partir de citadelles et à l'administration de la Corse depuis celles-ci. Calvi devient la capitale militaire de la région, Algajola, plus centrale, semblant davantage s'occuper du commerce des huiles et des céréales.

 Au cours de la deuxième moitié du XIIIe siècle siècle, une guerre entre seigneurs amena la fondation de Calvi par les Gènois en 1268. Après un bref passage sous la domination du roi Alphone V d'Aragon, Calvi passe en 1453 sous le contrôle de l'Office de St Georges qui l'entoure de solides murailles d'une citadelle, notamment pour se protéger d'éventuelles attaques de Pise.
A l'intérieur des terres prospèrent les descendants d'une féodalité d'armes, jadis envoyés par le pape pour chasser les Maures. Parmi les castelli de ces familles de seigneurs, citons ceux des Massa à San Columbanu, des Savelli à Sant'Antuninu et à Curbara, des Malespina à Belgudè.

Les villages de cette époque médiévale sont nombreux : Lama, Montemaio, Cassanu, Pigna, Curbara, Sant' Antuninu, Monticellu, Spiluncatu, Musuleu, etc.

Epoque moderne et contemporaine
Aux XVIème et XVIIème siècles, victimes de la peste et de la malaria, les populations se tournent encore davantage vers l'Eglise : à la piété des confréries, des lieux de prière, de pénitence et d'entraide s'ajoute la dévotion à la Madone et aux saints.

Jusqu'au XVIIIe siècle siècle Calvi reste fidèle aux Génois d'où la devise « Civitas Calvi Semper Fidelis ». Laurent Giubega, parrain de Napoléon, se réfugia ainsi à Calvi, alors que la ville s'était faite fidèle aux Français, pendant deux mois de mai à juin 1793 car il avait été chassé d'Ajaccio par les Paolistes. Calvi résista à un siège de deux mois contre Pascal Paoli et ses alliés les Anglais en 1794. L'amiral anglais Nelson y perdit un œil lors de ce siège de la citadelle de Calvi par sa flotte.

Protégée derrière sa citadelle, mais marchande et ouverte sur le monde méditerranéen dont elle participe Calvi fait le lien entre celui-ci et la Balagne profonde des villages retranchés sur les hauteurs. Cet ordre des choses perdurera jusqu'aux dernières décennies du XIXème siècle qui manquera l'apogée de la société corse traditionnelle, tout compte fait peu influencée en profondeur par l’avènement de la Corse française.

Puis, comme pour le reste de l'île, ce sera le brusque effondrement de cette société, aggravé par les pertes de la Grande Guerre, avec l'exil des populations vers les colonies ou le continent, vers les deux métropoles aussi, Bastia et Ajaccio, et l'abandon concomitant de son économie. Depuis la fin des années 1950, la Balagne, essentiellement la partie littorale et ses deux pôles attractifs, Calvi et Ile-Rousse, relève quelque peu la tête, avec notamment le développement du tourisme et un certain redémarrage viticole.

Après s'être retranchée pendant de longs siècles sur les hauteurs, la Balagne redécouvre la mer.