Le Tourisme, c'est bien pour l'économie, c'est bien aussi pour l'homme ! Encore faut-il qu'il profite à tous et que ses dérives soient maîtrisées. Dans les études de BTS du tourisme, des thèmes de réflexion permettent aux étudiants d'aller au-delà de la simple technicité nécessaire à leur futur métier...
CODE MONDIAL D'ÉTHIQUE DU TOURISME Le Code mondial d'éthique du tourisme constitue un cadre de référence pour le développement rationnel et durable du tourisme mondial à l'aube du nouveau millénaire. Il s'inspire de nombreux codes professionnels et déclarations analogues qui l'ont précédé et il y ajoute de nouvelles idées qui reflètent notre société en mutation de la fin du XXe siècle. Le tourisme international devant presque tripler, selon les prévisions, au cours des vingt prochaines années, les Membres de l'Organisation mondiale du tourisme sont convaincus que le Code mondial d'éthique du tourisme est nécessaire pour essayer de réduire au minimum les effets négatifs du tourisme sur l'environnement et le patrimoine culturel et, en même temps, d'en maximiser les avantages pour les habitants des destinations touristiques. Lors de sa session de 1997 à Istanbul, l'Assemblée générale de l'OMT avait approuvé dans une résolution la proposition d'élaboration du Code. Au cours des deux années qui ont suivi, il a été constitué un comité spécial pour l'élaboration du Code mondial d'éthique du tourisme et, après consultation du Conseil professionnel, des Commissions régionales et du Conseil exécutif de l'OMT, le Secrétaire général et le conseiller juridique de l'Organisation ont préparé un projet de texte. Lors de sa session d'avril 1999 à New York, la Commission du développement durable des Nations Unies a appuyé le concept du Code et elle a demandé à l'OMT de chercher à obtenir de nouvelles contributions du secteur privé, des organisations non gouvernementales et des syndicats de travailleurs. Des commentaires écrits relatifs au Code ont été reçus de plus de soixante-dix États Membres de l'OMT et organismes divers. Fruit d'une vaste consultation, les dix articles du Code mondial d'éthique du tourisme ont été approuvés à l'unanimité par l'Assemblée générale de l'OMT, à Santiago, en octobre 1999. Le code comprend neuf articles définissant les "règles du jeu" pour les destinations, les gouvernements, les promoteurs, les voyagistes, les agents de voyages, les travailleurs du secteur et les touristes eux-mêmes. Le dixième article traite du règlement des litiges en prévoyant un mécanisme d'application, ce qui est une première dans ce genre de code. Il s'agit d'une procédure de conciliation impliquant la création d'un Comité mondial d'éthique du tourisme composé de représentants de chaque région de la planète et de chacune des parties prenantes du secteur du tourisme (gouvernements, secteur privé, travailleurs et organisations non gouvernementales). Le Code mondial d'éthique du tourisme a été conçu pour être un texte vivant. Lisez-le. Diffusez-le largement. Veillez à sa mise en œuvre. Ce n'est qu'avec votre coopération que nous pourrons sauvegarder l'avenir de l'activité touristique et accroître la contribution du secteur à la prospérité économique, à la paix et à l'entente entre toutes les nations du monde. Secrétaire général Organisation mondiale du tourisme DU "GRAND TOUR" Élitiste AUX CODES D'ETHIQUE Pratique de l'aristocratie britannique au XVIIIe siècle, le tourisme ne commence à concerner les masses occidentales qu'au cours du XXe siècle. La nécessité d'édicter des règles morales pour cette activité de loisir toujours en essor s'est imposée dans les années 1980. "Le voyager me semble un exercice profitable, écrivait Montaigne à la fin du XVIe siècle (Essais, livre III, chapitre 9), tandis que les grands découvreurs rapportaient Hurons et épices de leurs voyages. L'âme y a une continuelle exercitation, à remarquer des choses incogneuës et nouvelles. Et je ne sçache point meilleure escole, comme j'ay dict souvent, à façonner la vie, que de luy proposer incessamment la diversité de tant d'autres vies, fantasies, et usances." Les bons préceptes du philosophe français sont appliqués à la lettre dans l'Angleterre du XVIIIe siècle qui, pour former sa jeunesse aristocratique, lui recommande de visiter les grandes capitales de l'Europe continentale (The Tour). Il s'agissait d' "enrichir l'esprit par le savoir, corriger le jugement, supprimer les préjugés de l'éducation, polir les manières, en un mot former un gentleman accompli", explique Thomas Nugent en 1749 dans son ouvrage intitulé The Great Tour. De cette tradition britannique apparaît le vocable "tourisme" et naît la réputation des lieux les plus visités encore aujourd'hui. Pratique élitiste, le tourisme ne commence à concerner les masses occidentales qu'au cours du XXe siècle, au rythme de l'avancée des moyens de communication, de l'allongement du temps de loisir et de l'augmentation du pouvoir d'achat des ménages. Car, comme le souligne Marc Boyer dans son Histoire du tourisme de masse (PUF, 1999), le tourisme n'est que le "produit de l'évolution socioculturelle". "Aucun lieu n'est touristique en soi", rappelle-t-il. Rome et Paris sont ainsi "inventées" par les premiers touristes du XVIIIe siècle qui en font des lieux incontournables et les consacrent comme tels dans les guides qu'ils rédigent. Les romantiques du XIXe siècle créeront à leur tour la Suisse, la Grèce, l'Espagne et l'Égypte. La campagne est, pour sa part, redécouverte à partir du XVIIIe siècle (avec, entre autres, Jean-Jacques Rousseau, qui clame son attachement à la nature, dans La Nouvelle Héloïse notamment) et surtout dans la seconde moitié du XIXe siècle. Alors que la ville était considérée jusque-là comme le "berceau de toute civilisation", note M. Boyer, elle devient le lieu de toutes les perditions - par opposition à la campagne, "lieu de Vertu". Et cet engouement pour la nature persiste jusqu'à nos jours, comme l'illustre la multiplication des résidences secondaires. La France, avec deux millions de maisons, détient le record du monde par habitant en la matière. De l'horrible au sublime - Quant à la montagne, longtemps ignorée, voire synonyme d'effroi - les sommets étant souvent qualifiés de "maudits" -, elle devient l'objet d'un engouement à partir du XVIIIe siècle. Les monts, auparavant "horribles", deviennent "sublimes". L'alpinisme et le ski se développent parallèlement. Au XIXe siècle, en phase avec le discours thérapeutique en vogue et le retour des grandes épidémies, le thermalisme prend son essor. Mais les baignades estivales et la Côte d'Azur ne s'imposent qu'au lendemain de la première guerre mondiale, grâce aux Anglo-Saxons, qui en lancent la mode. Le développement des moyens de transport contribue largement à l'essor du tourisme. A la fin du XIXe siècle, l'invention de la bicyclette lance ainsi une nouvelle mode, mais réservée aux privilégiés - un vélo, en 1890, coûte l'équivalent d'une année de salaire pour un ouvrier. Le déploiement du chemin de fer, puis, au lendemain de la seconde guerre mondiale, celui de la voiture individuelle et de l'avion multiplient les possibilités de voyager. Ancêtre de tous ces moyens de transport, la marche à pied est un cas un peu à part, les pèlerins ayant été les pionniers en la matière. Premier voyageur humaniste, Montaigne était également pèlerin. Aujourd'hui, les pèlerins de Lourdes ou des chemins de Compostelle (inscrits au Patrimoine de l'humanité de l'Unesco) sont bien souvent aussi des touristes. La pratique de la randonnée, largement diffusée par les guides du Routard et ceux de Lonely Planet notamment, est devenue un phénomène massif, entraînant de plus en plus de gens sur les sentiers de grande randonnée, voire vers l'ascension du mont Blanc ou de l'Himalaya. La croyance en la valeur éducative des voyages traverse les siècles. Dans la droite ligne de Montesquieu ou des Britanniques du XVIIIe siècle, le XIXe siècle voit émerger une série d'initiatives pour développer les voyages chez les jeunes. Ainsi le suisse Rodolphe Töpffer, directeur d'un pensionnat, emmenait-il ses élèves se promener l'été dans les Alpes. S'inspirant de cette pratique, de nombreux collèges se mirent à organiser à leur tour des classes de mer, de neige ou de patrimoine. En Angleterre, un missionnaire baptiste, Thomas Cook, voulut étendre en 1841 les bénéfices de tels voyages (en train) aux travailleurs. Sa démarche philanthropique n'eut qu'un temps. Ce "Napoléon des excursions" se lança bientôt dans l'organisation plus lucrative de voyages pour les riches. Mais à la fin du XIXe siècle, ce souci de démocratiser les voyages fait naître en Europe les colonies de vacances. Le pasteur Bion, à Zurich, fut le pionnier en la matière vers 1880. Les "Trente glorieuses" - L'institution des congés payés est pour beaucoup également dans le développement du tourisme. Le premier congé payé est établi en 1871 au Royaume-Uni, le premier lundi d'août. En France, le Front populaire n'accorde deux semaines de congés payés aux salariés qu'en 1936 (l'Autriche-Hongrie les avait accordés dès 1910 ; Mussolini, en créant le Dopo lavoro, lança, dès les années 1920, les vacances de masse en Italie). En France, la création du sous-secrétariat aux sports et aux loisirs en 1937 est censée démocratiser la culture et le tourisme. Les auberges de jeunesse fleurissent, et des billets de congé populaire avec réductions tarifaires notamment sur des places de train sont distribués. Cependant, le budget du secrétariat d'État est trop limité pour pouvoir pleinement réaliser l'objectif qu'il s'est fixé. A la fin des années 1930, les touristes français ne dépassent pas, en effet, les deux millions de personnes. Le tourisme de masse ne devient une réalité qu'à partir des années 1950 et 1960, stimulé par la forte croissance des "trente glorieuses". Au lendemain de la seconde guerre mondiale, le tourisme se mondialise. Entre 1950 et 1998, le total des arrivées touristiques (avec franchissement d'au moins une frontière) a été multiplié par 25, atteignant 625 millions, selon l'Organisation mondiale du tourisme. Jusque dans les années 1970, ce phénomène était accueilli assez positivement, le tourisme étant perçu comme source de développement économique et de redistribution en faveur des pays pauvres. Le tourisme apparaissait en particulier pour ces pays comme une activité facile à exploiter : "matière première (eau, air, paysages…) abondante, emplois nombreux et sans qualification exigeante", note Georges Cazes, professeur à l'université Paris-I, dans un article publié dans le périodique Relations internationales (été 2000). Mais à partir des années 1970, le tourisme et ses effets sociaux et environnementaux négatifs sont dénoncés à plusieurs égards : perversion des mœurs et des cultures locales, dégradation des sites visités, prostitution, exploitation des enfants. Dès les décennies 1980 et 1990, les recommandations succèdent aux condamnations, à travers la publication d'un certain nombre de codes éthiques (le premier d'entre eux est énoncé par l'OMT en 1980 dans sa "déclaration de Manille"). Aujourd'hui, selon Georges Cazes, la tendance est aux "analyses plus équilibrées et sereines, en forme de bilan balancé des effets de collision-collusion". RESPECT DE REGLES COMMUNES PAR LES OPERATEURS - Entretien avec M. Rial, Voyageurs du Monde La seule solution est que les opérateurs des pays développés édictent des règles communes et les respectent", entretien avec M. Rial En quoi êtes-vous différents des autres voyagistes ? Par opposition aux tour-opérateurs qui vendent en permanence les mêmes produits standardisés à un grand nombre de personnes, nous vendons, dans notre groupe (Voyageurs du monde, Terres d'aventure, Déserts et Comptoir des voyages) des voyages sur mesure, avec un maximum de personnalisation, dans presque tous les pays du monde et sur des destinations pointues. Nous avons 100 000 clients par an, il n'y en a pas un qui fait le même voyage que l'autre s'il le désire. Comment se traduit concrètement votre souci éthique ? Nous faisons trois choses. Tout d'abord, nous sommes membres de l'organisme Tourism for Development, ce qui consiste, depuis cette année, à verser 0,05 % de notre chiffre d'affaires pour un certain nombre de brochures - trois aujourd'hui sur trente - afin de financer des projets locaux. Au Maroc, par exemple, il s'agit de développer un projet d'eau potable dans l'Atlas. Le tout nous coûte entre 15 000 et 20 000 euros par an. Ce qui représente un chiffre non négligeable de la marge : dans nos métiers, on gagne autour de 20 % brut et 2 % net au final. Si tous les tour-opérateurs labellisaient toutes leurs brochures, le résultat serait loin d'être négligeable. Malheureusement, cette espèce de taxe Tobin sur le tourisme n'a pas fonctionné parce que la plupart des autres acteurs économiques majeurs du secteur n'ont pas voulu jouer le jeu. C'est dommage, d'autant que le concept exige aussi qu'aucun voyagiste ne se serve de cette taxe éthique comme outil de communication ou comme un avantage compétitif par rapport à sa clientèle. Nous étudions activement par ailleurs, de notre côté, le financement de projets humanitaires : nous proposerions à nos clients de verser 2 ou 3 euros à la réservation de leur voyage et nous doublerions la mise à chaque fois, pour la construction d'écoles, par exemple. L'humanitaire, c'est un métier. Il faut intégrer les populations locales au projet, il faut qu'elles le prennent en charge et qu'elles l'autofinancent à long terme. Sinon, ça ne marche pas et c'est de l'argent gaspillé. On s'y lancera le jour où l'on sera vraiment prêt. Troisième chose : nous avons un cahier des charges vis-à-vis de nos fournisseurs dans le monde entier, avec cinq points-clés : on demande à nos équipes locales qu'ils soient respectés. Exemple : les hôteliers ne peuvent pas avoir un comportement raciste envers leur personnel, doivent verser des salaires décents à leurs employés, ne doivent pas déplacer les populations locales pour construire leurs installations. Sinon, on ne fait plus affaire avec eux. C'est arrivé dans des hôtels très prestigieux, très connus, où certaines personnes ont changé leur comportement. Je me suis ainsi aperçu, à Pondichéry en Inde, dans un magnifique hôtel de charme, que toute l'équipe dormait par terre, dans le hall. Ces principes sont-ils respectés dans tous les hôtels que vous programmez ? A mon avis, non. Mais c'est toujours mieux respecté que si on ne l'avait pas fait. Il est évident que nous sommes incapables de vérifier dans les milliers d'hôtels que nous programmons. Vous n'avez donc pas de contrôleurs de l'éthique ? Non. Nous sommes dans un métier où l'on gagne très peu d'argent et tout cela coûte. C'est lourd. Ou alors, on fait comme certains, pour se donner bonne conscience ou faire du marketing, qui nomment un directeur pour le développement durable et puis embauchent dans des filiales des employés sans papiers… Estimez-vous néanmoins que le tourisme durable est une notion qui progresse ? Aujourd'hui, entre tourisme durable et non durable, les problématiques sont simples : défiguration de paysages, pompage de l'eau au détriment des populations locales, déplacements de ces populations, pollution. Or tout cela n'est pas vraiment pris en compte. En Birmanie, on va déplacer des populations pour construire des hôtels, c'est clair. A part quelques exceptions, il n'y a pas de véritable sensibilisation à ces sujets de la part des acteurs économiques du secteur touristique. Il faudrait, à mes yeux, que les États, développés et en voie de développement, déterminent des règles du jeu et prennent les choses en main. Malheureusement, ce n'est pas le cas, à quelques exemptions près comme le Botswana. L'afflux de devises est tellement important pour les pays du Sud qu'ils ne vont pas ergoter sur le fait qu'un hôtel aura huit étages ou deux, ou protester lorsqu'un hôtel détourne de l'eau des populations locales pour que ses clients puissent changer de serviettes de toilette. Ces pratiques sont plus souvent dénoncées qu'auparavant, mais encore trop rarement. Dans ces pays, la clé c'est le business, pas la pompe à eau qui ne génère pas de revenus. Finalement, je pense que la seule solution est que les opérateurs des pays développés, concurrents entre eux, édictent des règles communes et les respectent. L'Organisation mondiale du tourisme (OMT) a fait adopter un code d'éthique en 1999. Est-ce utile ? Cela ne sert à rien de faire des déclarations sur lesquelles les opérateurs concernés ne sont pas engagés. Il faut que les syndicats de voyagistes français, par exemple, s'engagent sur quelques points, les cinq points de mes hôtels par exemple. Quelle serait la sanction en cas de non-respect des règles ? Que ceux qui ne respectent pas les règles du jeu soient sortis du système de distribution, ne puissent plus être vendus ni proposés dans les brochures. L'OMT n'a aucun pouvoir sur les voyagistes. La concurrence est telle que si l'un ne respecte pas la règle du jeu, les autres ne les respectent pas non plus. Pour avoir une éthique dans une entreprise, il faut que les dirigeants y soient sensibles, et il faut que les actionnaires jouent le jeu. Les actionnaires financiers traditionnels veulent 15 % de rendement … Le tourisme éthique correspondrait-il à un effet de mode passager ? Croire que le consommateur le veut est une idée reçue. Évidemment, si vous dites à quelqu'un : je vais faire de l'éthique plutôt que de mal me comporter, il trouve que c'est bien. Mais si ensuite vous lui dites : l'éthique, c'est 100 euros au lieu de 80 … Dans le tourisme, le prix est déterminant. Le poids du consommateur dans le sens éthique sera un jour important, mais il ne l'est pas actuellement. L'OMT prévoit 1,6 milliard de globe-trotteurs dans vingt ans, soit trois fois plus qu'aujourd'hui. Comment voyez-vous le tourisme évoluer ? Il y a de plus en plus de gens qui voyagent : c'est une tendance lourde globalement positive car il y aura de plus en plus d'échanges culturels. Mais je ne serais pas aussi optimiste que l'OMT, dont les chiffres ne concernent pas forcément les pays occidentaux. En France, le nombre de gens qui voyagent à l'étranger n'augmente pas depuis dix ans : 20 à 30 % des Français sont concernés, contre 60 % d'Anglais, 70 % d'Allemands et 12 à 15 % d'Espagnols ou d'Italiens. En revanche, il y a plus de voyages à l'étranger car ceux qui voyagent le font plus souvent, d'autant que des voyages pour tous les goûts et tous les budgets sont maintenant offerts. Si les projections de l'OMT sont valables, ce sera malheureusement du tourisme de masse et en particulier des pays émergents, comme la Chine. Je crois que le tourisme individuel va se développer, ce qui explique notre succès, de même que le tourisme d'aventure et l'écotourisme. Mais le tourisme de masse connaîtra lui aussi une croissance. Toutes ces formes vont se développer, le circuit accompagné compris, à cause du vieillissement dans les pays occidentaux : les gens plus âgés voyagent moins seuls. La tendance de fond est de renouer avec le goût du voyage : on vous borde votre technique mais vous gardez votre liberté. Un tel développement du tourisme ne va-t-il pas priver la planète de ses endroits de rêve peu fréquentés ? Figer ce qu'on a vu une fois ne tient pas la route. On a voulu préserver les Dogons au Mali et ce fut un échec : ils ne vivaient plus avec leur temps. Des civilisations ont été tuées par la modernité, d'autres par l'immobilisme. Par ailleurs, est-ce qu'on a le droit d'interdire une belle chose à tout le monde ? Est-ce que parce que quelque chose est beau, il ne faut pas qu'il y ait du monde pour le voir ? Non. Et les terras incognitas sont partout, à quelques kilomètres de Paris aussi. Propos recueillis par Constance Baudry et Martine Jacot - Le Monde du 26 juin |
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